Accompagner les victimes du Narcotrafic

Les homicides liés au trafic de stupéfiants ensanglantent nos quartiers. Quelques lignes dans les journaux, une notification sur nos téléphones. On parle de « règlements de comptes », on ajoute une croix à une statistique, et on passe à autre chose.

Mais pour nous ce sont des vies brisées

Les familles victimes de crimes sont très rarement, voire jamais, accompagnées. Nous avons donc appris à nous organiser. Nous mettons en place un dispositif complet de soutien psychologique, moral, juridique et financier. Dès qu’une famille perd un jeune dans ces homicides, une cellule d’accompagnement est mobilisée, composée d’une psychologue, d’un avocat et d’une famille ayant déjà traversé ces drames. Parce que nous croyons en la force d’un échange entre personnes ayant vécu la même expérience douloureuse.

Les mamans de l’association ayant perdu des enfants à cause du narcotrafic ont une expression pour qualifier les liens qui se créent ici : « nous sommes des sœurs de douleur ».
Rien ne prépare une mère ou un père à la perte d’un enfant. C’est pourquoi nous restons aux côtés des familles endeuillées dès les premiers jours. Nous mettons nos locaux à disposition pour les veillées funèbres, ce temps de recueillement et de mémoire si essentiel.
Conscients que le droit est souvent loin de nos quartiers, nous proposons un accompagnement juridique avec un avocat, permettant aux familles de se constituer partie civile.
Notre soutien ne s’arrête pas aux premiers jours : nous offrons des entretiens individuels de suivi psychologique, ainsi que des réunions mensuelles permettant aux familles de partager et d’échanger.
Une fois par an, nous organisons un séjour réservé exclusivement aux familles endeuillées. C’est un moment de rassemblement et de résilience : honorer les morts tout en prenant soin des blessures des vivants, parce que la vie continue.